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Interview de Béatrice Meunier
Catalogue de l’artothèque de l’ORCCA 2013-2014

Isabelle Bazelaire, vous vous définissez comme « plasticienne autodidacte » quelle place donnez vous à la pratique plastique dans votre univers de chorégraphe ?
Je me permets d’inverser votre question pour parler de la part chorégraphique dans mon univers de plasticienne. Aujourd’hui je me définie comme artiste du végétal, mon désir est de lui donner sens, vie et d’en extraire une poétique. Je pars toujours de la matière végétale pour développer ma recherche, le mouvement et le corps sont ce vers quoi je tends... Ils peuvent être omniprésents ou presque invisibles : prolongement et portes parole du végétal.


Quand et à quelle occasion est née votre passion du végétal ? Et comment en êtes vous arrivée au désir de créer avec cette matière tirée de la nature ?
Impossible de dater précisément le commencement de cette attirance, c’est une longue histoire qui à pris de nombreux chemins. Ce qui marque mon véritable « départ » c’est la découverte de l’écorce de Palmier en 2008, j’étais presque envoutée par tant de force expressive, de beauté...et de mouvement ! Travailler le végétal est devenu évident et nécessaire à ma démarche artistique.  


Les œuvres présentées à l’Artothèque sont liées à la danse, est ce le cas du reste de votre production plastique ?
La danse est très présente dans mes premières œuvres mais peu à peu le corps disparait... suggestion d’un paysage, abstraction, seul le mouvement demeure.


Que représente pour vous le fait que vos œuvres soient présentées au sein de l’artothèque #3 ?
Une reconnaissance de mon travail de plasticienne qui m’encourage et valide ce tournant artistique singulier où matière végétale et mouvement (sous toutes ses formes) procèdent d’une même recherche artistique.


Quels sont les artistes que vous admirez et qui nourrissent votre travail de plasticienne ?
Je me sens peu sous « influence », par contre mon « champs d’admiration » est vaste et éclectique : Claire BASLER, Hassan MASSOUDY, Vincent VAN GOGH, Bob VERSCHUREN, Giuseppe PENONE, ...du côté chorégraphique les « SANKAI JUKU » (danse butô) me fascinent !


Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets ?                                        
Je termine cette année(2013) mon projet « mouvement végétal » avec une exposition faite de plusieurs installations végétales (écorces de palmier, fibres de bananier, sisal, écorces de cacaos) ou s’inséreront des impromptus chorégraphiques. En 2014 viendra le temps des feuillages, des mousses et des écorces blanches !

 

Texte d’Isabelle Bazelaire accompagnant le tableau « Calligraphie du mouvement 2011 » dans le livre « La liberté est un collage » de PIERRE JEAN VARET...un hommage à JIRI KOLAR

 

Les collages extrêmement "minimalistes" de Jiri KOLAR (La pomme et la croix, Chiffres déshérités…) ont en moi une grande résonnance... une poétique dont la richesse n'a d'égale que la sobriété. Simplicité, épure, dépouillement...tels des haïkus, ils fécondent la pensée et l'imaginaire dans la plus grande discrétion.


 « J’ai une faiblesse pour tout ce qui en reste au commencement…pour n’importe quoi d’inachevé, que ce soit délibérément ou par le fait de l’œuvre comme telle…savoir s’arrêter à temps, faire un pas ailleurs ! ». En lisant ces réflexions qui accompagnaient le collage « l'un des commencements » de Jiri. K, je n'ai pu m'empêcher d'y adhérer fortement.


Eté 2011, on me demande de réaliser une performance devant un public en un temps donné : 20 minutes pour réaliser mon collage. Pari tenu. Magie d’une alchimie réussie : la tension de l’urgence et le calme de l’extrême concentration, aller à l’essentiel, être dans l’intuition, le sensible plus que la pensée…Une fois le tableau terminé il me reste quelques heures avant de le donner… La tentation est grande d’ajuster, modifier, rajouter…non surtout pas, il n’y aura ni fioritures ni consolidations… avoir le courage de l’authentique, frôler « l’inachevé »…Petite pensée pour Jiri KOLAR!

 
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